12°45'S 49°36'ELes routes
Les Tsingy rouges
Les Tsingy rouges d'Anivorano : le cirque de latérite érodée au sud de Diégo, comment la piste y mène, et ce que le site exige.
Relevé par Basile Ravelo · relu par Inès Ratsima · 612 mots · 3 min de lecture ·

À deux heures de piste au sud de Diégo, le plateau se fend sur un cirque de cheminées rouges : les Tsingy rouges d'Anivorano, une cathédrale de latérite que l'eau a sculptée plus vite que le calcaire n'aurait permis. C'est l'excursion terrestre la plus photographiée du nord, et le vieux site de l'hôtel la vendait déjà en tête de ses sorties 4x4.
Ce que c'est
Contrairement aux tsingy de calcaire de l'ouest, ceux-ci sont de latérite : une roche meuble que les pluies ont ravinée en cheminées, colonnes et orgues de quelques mètres à quelques dizaines de mètres. La couleur va du rose pâle au rouge brique selon l'heure, et le site change de géométrie chaque saison des pluies, parce que l'érosion continue de le creuser. Le cirque s'ouvre au bord d'un canyon sec ; on le parcourt à pied, entre les cheminées, sur un sol de sable rose qui garde les traces.
Comment la piste y mène
Depuis Diégo, la route nationale descend vers le sud jusqu'à la bifurcation d'Anivorano, puis une piste de latérite monte vers le site. En saison sèche, un bon 4x4 y passe sans histoire ; en saison des pluies, la piste se ferme pratiquement, et même les chauffeurs locaux négocient le passage au jour le jour. La sortie se fait le plus souvent en journée complète, départ le matin, retour en fin d'après-midi, souvent combinée avec les lacs sacrés de la région ou la Montagne des Français au retour.
Autour du cirque
La sortie vers les Tsingy rouges s'accompagne souvent de ce que la piste traverse : les lacs sacrés d'Anivorano, où les crocodiles vivent sous une protection coutumière ancienne, les villages de la plaine d'Irodo, et la savane rouge qui montre à elle seule ce que l'érosion fait au pays quand le couvert part. Le cirque se lit d'autant mieux qu'on a vu la plaine avant : les cheminées ne sont pas une bizarrerie posée là, elles sont la fin visible d'un processus qui travaille tout le plateau.
Le site lui-même
Le cirque se découvre d'en haut d'abord : un belvédère donne l'ensemble, les cheminées alignées comme des orgues, le rose qui monte au rouge selon la lumière. Puis la descente entre dans les formations, entre les colonnes et les canaux secs, jusqu'au fond du canyon où le silence est total hors du vent. Le guide montre comment l'eau a tracé chaque cheminée, où la latérite se casse, et pourquoi le site d'aujourd'hui n'est pas celui des photographies d'il y a vingt ans ; l'érosion continue de réécrire le cirque chaque saison des pluies.
La sortie se fait le matin pour la lumière rasante qui allume les cheminées ; en milieu de journée, le soleil vertical aplatit les formes, et le cirque montre moins que la plaine rouge qui le porte.
Le retour se fait souvent par la même piste, la lumière du soir sur la savane rouge ; les chauffeurs savent où ralentir, et le voyageur comprend en chemin pourquoi la sortie prend la journée entière.
Le relevé, corrigé
Le site est géré par une association locale : l'entrée se paie sur place, le guide accompagne la descente, et les cheminées elles-mêmes ne se touchent pas ; la latérite se brise sous la main. Le soleil tape fort à l'intérieur du cirque : eau, chapeau et descente avant midi sont le minimum. La position donnée ici est celle du site d'accueil ; le canyon lui-même s'étend au sud.


