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Le Carnet d'Émeraudele journal de bord de la Mer d'Émeraude

12°15'S 49°21'ELa baie

Ramena

Ramena, le village de la baie de Diégo-Suarez : sa plage de trois kilomètres, son peuplement, et pourquoi les bateaux de la Mer d'Émeraude en partent.

Relevé par Basile Ravelo · relu par Inès Ratsima · 738 mots · 4 min de lecture ·

Un abri de plage en paille au bord de l'eau, pirogues et barques à moteur amarrées en arc de cercle devant la grève, glacières et cordage au premier plan, lumière rasante de fin de journée.
Le poste relevé 12°15'S 49°21'E cliché de Fara Andriam

Près de l'entrée de la baie de Diégo, à l'est d'Antsiranana, un village de pêcheurs tient la plage la plus fréquentée de toute la région : Ramena. Le carnet l'a cité sans le poser, dans l'entrée sur la Mer d'Émeraude et dans celle sur la chasse sous-marine ; c'est l'entrée qui manquait, celle du vrai point de départ de la baie.

Une commune à la pointe de la baie

Ramena est une commune du nord de Madagascar, dans la région Diana, à une vingtaine de kilomètres d'Antsiranana par la route de la baie. La commune s'étend sur une centaine de kilomètres carrés (102 km²) et compte cinq fokontany, les subdivisions administratives malgaches : Ramena, Ankorikahely, Ivovona, Andavakoera et Betahitra. Le village principal, celui que visitent les voyageurs, se tient au bord de l'eau, à 44 mètres d'altitude pour le chef-lieu selon les relevés.

D'où vient le nom

La tradition orale rapporte que le nom vient d'un pêcheur antakarana appelé Ramena, installé le premier sur cette pointe de la baie. Rien de plus solide n'est attesté ; le carnet rapporte la tradition pour ce qu'elle est, une mémoire locale, pas un acte d'état civil.

Comment le village s'est peuplé

Le peuplement de Ramena suit l'histoire du nord malgache. Une installation antakarana permanente s'amorce vers 1800 ; des migrations sakalava suivent vers 1850 ; la présence militaire française s'ajoute en 1887, deux ans après que la France a obtenu la baie de Diégo-Suarez ; des Anjouanais, venus des Comores, s'installent à leur tour vers 1960. Quatre apports successifs pour un même village de pêcheurs.

Cinq quartiers pour une commune

Les cinq fokontany qui composent la commune ne se valent pas tous aux yeux du voyageur. Ramena, le chef-lieu, concentre le village de pêcheurs, la plage et l'embarcadère ; Ankorikahely, Ivovona, Andavakoera et Betahitra complètent le territoire communal. La baie elle-même, fermée par un goulet étroit, protège son plan d'eau intérieur du grand large.

Ce que donne la plage

La plage de Ramena déroule près de trois kilomètres de sable blanc le long de la baie, et les sources la décrivent sans risque : pas de requins, pas de courants, pas de vagues notables. C'est la plage la plus fréquentée depuis Diégo-Suarez, d'autant que la ville elle-même n'offre pas d'accès public à une plage ; habitants et voyageurs de passage s'y retrouvent.

Pourquoi les bateaux en partent

La pêche reste la première activité de la commune. Mais Ramena est aussi devenu le point d'embarquement naturel pour la baie et au-delà : des guides y proposent des sorties en bateau vers la Mer d'Émeraude et vers le cap d'Ambre, à l'extrême nord de l'île. Ce rôle de départ tient à la position : la Mer d'Émeraude s'étend à l'entrée même de la baie, et ses îlots se gagnent en barque de pêcheur depuis le village. Le Varatraza, l'alizé qui règle les sorties de toute la région, y fixe les heures de départ comme partout sur la côte nord.

Ramena vue depuis la baie

Pour qui a déjà lu le carnet, Ramena complète une carte qui se dessinait en creux. Le Pain de Sucre marque le centre de la rade, le port et la rue Colbert sa façade urbaine, la Mer d'Émeraude l'entrée de la baie ; Ramena en est le village de bord de mer, celui d'où les bateaux de plaisance, comme les pirogues de pêche, partent vers le large. Le même Varatraza qui ferme et ouvre les fenêtres de navigation ailleurs dans la baie y souffle avec la même autorité, et les guides qui organisent les sorties en tiennent compte tout autant que les pêcheurs qui rentrent avant qu'il ne force.

Le relevé, corrigé

Le chiffre de population que rapportent les sources, environ 4 000 habitants, est une estimation de 2001 ; un quart de siècle plus tard, il ne dit qu'un ordre de grandeur, pas un compte à jour. Le carnet le garde pour la mémoire du lieu, pas pour un bilan démographique. Ce qui ne bouge pas, c'est la position : un village à l'entrée de la baie, un village de pêcheurs devenu porte d'embarquement, et une plage que la baie elle-même protège.

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